A bout portant

A bout portant

(Fred Cavayé)

 

 

            Première rencontre cinématographique pour Gilles Lelouch et Roschdy Zem. Le réalisateur offre ici un thriller à la française, qui oscille sans cesse entre bonnes idées et scènes creuses qui manquent de profondeur. Le personnage principal, incarné par Lelouch, est aide soignant. Il vit une existence paisible avec sa femme, qui est enceinte de leur première fille. Durant une garde, il sauve la vie d’un homme mystérieux, dont l’assistance respiratoire a été délibérément coupée. Puis, le lendemain, sa femme est kidnappée. Il a alors trois heures pour libérer l’inconnu sauvé, sans quoi elle mourra. Le scénario, classique, reprend les bases du thriller habituel américain. Et c’est bien la le principal défaut du long-métrage : il tente d’imiter le cinéma d’outre Atlantique, mais en moins bien. Une longue scène de course-poursuite dans le métro intervient dans le film : on a clairement une réalisation cherchant l’imitation, mais son efficacité est discutable. Malgré un rythme effréné, cette adaptation ne parvient pas à trouver son rythme : le réalisateur donne le sentiment d’improviser ses scènes au fur et à mesure, sans vraiment savoir ou aller. En revanche, malgré cette constante volonté de copier le cinéma américain, le film conserve un dynamisme appréciable, et sait tenir le spectateur en haleine pendant une courte heure et demie. Et si le scénario est classique et parfois confus, l’interprétation reste globalement convaincante. Zem cerne bien son personnage, donnant une atmosphère noire et mystérieuse à son personnage. Quant à Gilles Lelouch, il reste dans l’ensemble bon dans son rôle de héros malgré lui. Malheureusement, les acteurs secondaires (Gérard Lanvin en tête) sont plutôt décevants : les états d’âme des protagonistes sont vite éclipsés par un jeu étonnamment plat et peu inspiré. Notons pour finir une bande son réussie, qui apporte beaucoup à des scènes parfois bancales.

En résumé, A bout portant développe une histoire intéressante et bien ficelée malgré qu’elle soit prévisible. Si le film est efficace, il intègre néanmoins de nombreuses maladresses. Tenter d’imiter le cinéma américain étant sans conteste sa plus importante.

 

A bout portant :  11

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