Harry potter et les reliques de la mort, partie 1

Harry Potter et les reliques de la mort, partie 1

(David Yates)

 

 

            S’il y a bien un long-métrage qui était attendu en cette fin d’année, c’est celui-ci. Avant dernier de la légendaire saga Harry Potter, ce film reprend ou le dernier s’était arrêté : Voldemort voit son pouvoir croître, et la bataille finale se dessine. Dumbledore étant mort, plus rien ne retient Harry et ses amis à Poudlard. Ceux-ci vont tenter de trouver les cinq horcruxes (morceaux de l’âme de Voldemort enfermés dans des objets du quotidien, et le rendant invincible), et de les détruire, avant qu’il ne soit trop tard. Il s’agit donc d’une première dans cette saga : aucune scène ne se déroule dans la légendaire école, tout se fait à l’extérieur, et en particulier dans notre monde, le monde moldu. Ces scènes à répétition sont utiles : alors que l’emprise du mage noir sur le monde sorcier est imparable, il commence d’ores et déjà à contrôler le notre. Le film se veut bien plus sombre que les précédents. Alors que le changement d’horizon et l’assombrissement se marquaient de plus en plus dans chaque nouvelle production, celle-ci atteint le sommet en la matière. La réalisation et le scénario ne révèlent pas tout, des mystères demeurent, et les scènes à suspense se multiplient. Tout est réuni pour rappeler au spectateur que la fin est proche. Et cette volonté du réalisateur de faire murir l’œuvre est appréciable. On sent rapidement le changement de registre, et même les dialogues deviennent plus adultes, sans être transcendants. Concernant les acteurs, ils parviennent à garder le niveau acquis au fil des épisodes. Mention à Rupert Grint, qui gagne en assurance, et expose ici tout le talent qui est le sien : entre scènes pathétiques (voire tragiques pour certaines) et comiques dignes des premiers volets, l’interprétation ne faiblit jamais pour le jeune acteur. Et ce comique, supporté d’un bout à l’autre par Grint et son personnage, Ron, apporte lui aussi beaucoup à un film parfois long. Car malgré la noirceur qui se dégage, un certain nombre de gags et situations comiques s’enchaînent, et ce du début à la fin. Il s’agit incontestablement de l’atout majeur de l’adaptation : malgré des gags parfois lourds, le comique et le tragique s’allient parfaitement, permettant ainsi de conserver l’esprit de la série tout en la faisant évoluer. Mais comme évoqué précédemment, le capitalisme cinématographique est trop présent : l’idée de faire deux parties était intéressante, mais le résultat est contestable. De nombreuses longueurs se créent, et nombre de scènes dont on aurait pu aisément se passer viennent casser un rythme déjà lent.

Cette adaptation présente un nombre de qualités important : cohabitation comique/tragique, scénario inspiré du livre, ou encore acteurs surprenants. Mais les longueurs sont bien trop nombreuses, et la volonté de faire le plus d’argent possible avec les deux parties en est la principale cause. S’il n’y avait eu que les longueurs, ça aurait pu passer. Mais la raison de ces longueurs, elle, ne passera pas. Dommage.

 

Harry Potter et les reliques de la mort, partie 1 :  10

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