L'homme qui voulait vivre sa vie

L’homme qui voulait vivre sa vie

(Eric Lartigau)

 

 

            Paul (Romain Duris) est avocat. Il est marié à Sarah et a deux enfants dont il est fier. Mais lorsqu’il découvre que sa femme le trompe avec Greg, un de ses amis, il se met hors de lui. Il tue l’homme involontairement, et doit fuir en se faisant passer pour mort, pour enfin avoir l’opportunité de vivre ses rêves. Ce long-métrage pourrait se présenter comme un film français classique, à la réalisation moyenne  et aux acteurs peu convaincants. C’est pourtant tout l’inverse. Le scénario, librement inspiré d’une œuvre de littérature, est très fourni. C’est incontestablement le point fort du film. Avec ses multiples rebondissements, ses pirouettes, et la qualité de son écriture, il a tout pour séduire. Même s’il peut sembler long à démarrer, ce temps nécessaire à son décollage est nécessaire pour introduire correctement la seconde partie narrant son voyage, naturellement la plus intéressante. Le film se découpe donc en deux arcs scénaristiques bien distincts : en premier lieu, la vie parisienne qui correspond à l’introduction. La ou Lartigau excelle, c’est qu’il parvient à développer considérablement cette entrée en matière, qui devient ainsi à elle seule plus fournie qu’un grand nombre d’autres films entiers. Marina Foïs, qui incarne Sarah, très présente dans cette partie, est d’ailleurs plutôt convaincante dans son rôle de femme à double facette : se prétendant victime mais aussi coupable d’adultère. Notons également les quelques apparitions de Catherine Deneuve, plutôt effacée. Puis vient la seconde moitié de l’œuvre. Changeant totalement de registre, elle permet de suivre le voyage de Paul, désormais reconverti en photographe professionnel. Il traversera nombre de pays, et vivra nombre de péripéties. Le jeu d’acteur de Romain Duris prend ici tout son sens. Déjà capable d’alterner dans la première partie entre plusieurs facettes (du comique au pathétique), il atteint ici le sommet. Duris est présent dans chaque scène du film sans exception, permettant de prouver au spectateur qu’il est bien le centre de l’histoire, lui et seulement lui. Les environnements et décors donnent une impression de liberté, mais quelques scènes fortes plongent de nouveau Paul dans les tourments de sa vie qu’il pensait révolue. Bien entendu, quelques facilités et incohérences sont belles et bien présentes, mais le tout n’en reste pas moins beau, et terriblement émouvant. On partage les peurs du personnage, on partage également ses joies. La réalisation sublime donne un ton inhabituel à ce film, l’embellissant davantage.

Entre un scénario solide, un casting très bien choisi, un Duris qui s’inscrit inévitablement dans les meilleurs acteurs français actuels, et une réalisation efficace, l’homme qui voulait vivre sa vie a tout pour séduire. A la fois émouvant et captivant, il a su trouver la voie de la réussite. Les deux heures passent en un éclair, jusqu’à une fin qui donne à réfléchir. Chapeau bas, Mr Lartigau…

 

L’homme qui voulait vivre sa vie :  16

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