Le secret de Charlie

Le secret de Charlie

(Burr Steers)

 

 

            Et voici le retour de Zac Efron. A chaque nouvelle sortie comportant cet acteur, on ne peut s’empêcher d’avoir peur concernant la qualité du long-métrage. Ici, il incarne Charlie, un étudiant américain, qui est brillant en sport (particulièrement pour les courses maritimes). Sam, son petit frère, l’épaule toujours, et a la passion du base-ball. Charlie fait alors un pacte avec lui, l’entraîner à chaque coucher de soleil. Mais lors d’un accident, Sam perd la vie. Charlie, afin d’honorer son pacte, continuera à entraîner son frère, à travers diverses visions et hallucinations. L’idée scénaristique de base, intéressante, laisse supposer la destruction à petits feux d’un homme, rongé par sa culpabilité, et gagné par des hallucinations de plus en plus présentes. Malheureusement, ça ne reste qu’une idée, et elle n’est aucunement mise en œuvre. Le début du film amène pourtant correctement les éléments. Certes l’introduction est rapide, mais on entre vite dans le vif du sujet, et la déchéance de Charlie prend une place importante. Mais le réalisateur sombre rapidement, et à force de vouloir développer une multitude d’intrigues parallèles, finit par perdre totalement de vue l’objectif de son film. Charlie devient gardien d’un cimetière, Charlie participe à des soirées bien arrosées, Charlie fait la rencontre d’une fille… Ces arcs, en plus de présenter des personnages stéréotypés vus dans tant d’autres productions, n’apportent strictement rien à l’intrigue de base : la perte de la raison de Charlie. Il y a toujours quelques scènes récurrentes entre ce dernier et Sam, mais rien n’indique qu’il s’agit d’une hallucination. La plupart du temps, elles sont placées entre deux rencontres du héros, et servent plus de bouche-trous qu’autre chose. La double facette du personnage n’est pas assez mise en avant, si bien qu’on croit assister à la vie quotidienne d’un jeune, sans réelle intrigue. Le dernier quart du film, lui, s’égare totalement du drame psychologique. On assiste à une course contre la montre pour sauver une vie. Les facilités scénaristiques s’enchaînent, et le pseudo-héroïsme de Charlie nous laisse indifférent. La production américaine ressurgit inévitablement (la bande-son le confirmera), et réalise l’exploit de clôturer l’arc de Sam en quelques plans, montrant à quel point cette histoire était secondaire dans le film. Sauf qu’au départ, ça devait en être le centre. Et pour finir, on peut décerner la palme du plus grand nombre d’incohérences à ce film. S’éloigner du sujet principal, c’est déjà dérangeant. Mais développer des intrigues dont la base et la conclusion ne sont qu’un ramassis d’incohérences stupéfiantes, c’est la goutte qui fait déborder le vase.

Ajoutez à cela des personnages qui ont le QI d’une moule, avec des dialogues qui cherchent à émouvoir, mais qui en réalité sont navrants (la conclusion « nous seront frères pour toujours » atteint le sommet), et vous obtenez un film qui en devient inqualifiable.

Ce n’est pas avec Le secret de Charlie que Zac Efron nous prouvera ses talents. Nourri par des incohérences immenses, ce film passe complètement à côté de son sujet. Et malheureusement, il n’y a pas grand-chose à sauver de cette production.

 

Le secret de Charlie :  7

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