Le village des ombres

Le village des ombres

(Fouad Benhammou)

 

 

            Projet ambitieux pour ce réalisateur : faire un film fantastique à la française. Un groupe de jeunes part en vacances dans un petit village, du nom de Ruiflec. Mais lors du trajet, les occupants d’une des voitures ont disparus : leur voiture est retrouvée vide au milieu de la route. Les autres jeunes vont alors pénétrer dans le village pour les retrouver, et tous disparaître dans des conditions mystérieuses. Le film débute sur une excellente scène, qui installe l’ambiance dès le début : deux soldats nazis en 1944 face à une mystérieuse chose derrière une porte. L’un disparaît après avoir passé la porte, l’autre tente de se suicider mais son arme ne fonctionne pas… La tension qui se dégage de cette scène est à son comble, et on pourra retrouver cette tension tout au long du film. Assimilant quelques éléments du film d’horreur, ce long-métrage parvient à maintenir le spectateur sur son siège pendant presque deux heures. Chaque minute, un nouvel évènement inexplicable intervient, la peur, l’angoisse est partagée par le spectateur, qui se sent lui-même mal à l’aise face à cette atmosphère lugubre et presque insoutenable. La réalisation, très efficace avec ses plans sombres et maîtrisés, représente cependant le seul point fort du film. Car si l’atmosphère est retranscrite à merveille, le scénario est complètement raté. Tous les clichés sont réunis, et la multitude d’évènements inexplicables ajoutent à une surenchère déjà affirmée dès les premières minutes. Trop d’axes parallèles sont développés, et la fin est tout simplement anthologique. Jamais on aura vu pareille conclusion : incohérente, irréaliste, risible, navrante, les termes manquent pour la décrire. Alors certes le fantastique peut se permettre des incohérences, mais il y a fantastique et fantastique. Et le scénario n’est pas le seul inconvénient : la prestation des acteurs est décevante. On ne s’identifie aucunement aux personnages, l’interprétation est plate et les acteurs ne vivent pas pleinement la situation. Christa Theret (héroïne de LOL) essaye le registre tragique, mais on lui conseillera de rester dans la comédie.

Ce film a un nombre de défauts impressionnant : scénario ridicule, stéréotypes trop exploités, acteurs et personnages peu convaincants, longueurs, bande-son répétitive… Seule la réalisation réussie et l’atmosphère soignée viennent  maintenir le long-métrage au rang de navet, ce sans quoi il aurait pu concourir pour la palme du pire film fantastique de l’année.

 

Le village des ombres :  7

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