Les trois prochains jours

Les trois prochains jours

(Paul Haggis)

 

 

            L’acteur principal de Gladiator revient dans cette production narrant le combat d’un homme pour faire sortir sa femme, qu’il pense innocente, de prison. Le film débute calmement : un couple heureux, chacun ayant ses problèmes, dont le réalisateur expose la vie quotidienne. Leur fils se porte bien, et malgré les différents de la mère avec sa patronne, un bel avenir semble se dessiner pour le ménage. Mais subitement, des forces de police interviennent, et arrêtent la femme pour le meurtre de sa patronne. Son époux, désemparé, va alors essayer de la libérer, et ce à n’importe quel prix. Le scénario ne brille pas par son originalité. Il nous présente une histoire d’amour, centrée sur le côté humain parallèlement à une histoire d’évasion, déjà traitée à de nombreuses reprises. Mais cette dernière est justement le principal défaut du long-métrage, et ce pour deux raisons. La première est le rythme : malgré une durée de deux heures trente, on sent que le réalisateur reste en surface, et ne développe pas suffisamment ses intrigues. Les éléments importants ne sont pas suffisamment exploités. On peut alors se demander la cause d’une durée aussi importante. La réponse est simple : beaucoup de remplissage est présent, si bien que l’ennui peut vite se manifester. Le film ne parvient pas à développer une réelle dynamique. La seconde erreur de ce scénario d’invasion est contenue en elle-même. On pressent le happy-end dès le début du long-métrage. Ainsi, tout l’intérêt est de savoir comment la libération va être faite. C’est le stratagème utilisé par le personnage principal qui doit porter le film sur ses épaules. Or, cette évasion est soutenue par des facilités et incohérences innombrables, qui cassent ainsi tout l’intérêt qui aurait pu être donné au film. L’évasion est irréaliste, et la palme de l’incohérence revient à la scène du passage du barrage routier, qui semble montrer toute l’incompétence des forces policières américaines (contrastant furieusement avec l’un des dialogues du début, exposant le système de sécurité sans faille). S’ajoutent également des jeux maladroits pour la plupart des acteurs (Crowe y compris).

En bref, le film ici présenté n’est pas parvenu à remplir son objectif. La libération, aspect primordial sans lequel le film s’écroule, est incohérente et peu recherchée. De surcroît, l’œuvre proposée semble ne pas avoir trouvé son rythme, donnant l’impression d’un film sans âme. Si quelques scènes rattrapent les erreurs, leur poids est ridicule en comparaison de celles-ci.

 

Les trois prochains jours :  8

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