Que justice soit faite

Que justice soit faite

(F. Gary Gray)

 

 

            Clyde Shelton est un homme heureux qui vit une existence tranquille avec sa famille. Mais un soir, deux voleurs entrent chez lui et tuent sa femme et sa petite fille. L’un d’entre eux, le meurtrier, accepte de passer un marché avec le procureur en dénonçant son ami. Shelton, furieux contre un système qu’il juge corrompu, va alors devenir un dangereux criminel, dont les cibles sont les représentants de la justice. En règle générale, le fond des films (c'est-à-dire l’idée de base) est intéressant, mais c’est dans la forme (le produit lui-même) que les défauts apparaissent. Ici, il, s’agira du contraire. Le long-métrage produit un dynamisme et un suspense appréciables, mais l’objectif est contestable. Car la morale est bien simple : le système judiciaire américain est corrompu, et il faut tout changer, quitte à sacrifier des centaines de vies innocentes. Le réalisateur tente de montrer que son antihéros est dans le vrai, et que ses paroles sont justes et sensées. En réalité, il s’agit d’un meurtrier qui a perdu la raison, et qui ne bénéficiera pas de la compassion du spectateur. Car les pseudos-discours dans le tribunal ou en salle d’interrogatoire, qui dénoncent les magouilles judiciaires en deviennent ridicule, tellement on sent l’exagération et l’extrémisme dans les prises de position. Un homme qui avant était ordinaire, et qui maintenant est l’un des pires tueurs en série ne sera jamais vu comme un bienfaiteur. Et si le fait de créer un personnage qui a toujours une longueur d’avance (même en prison) sur les policiers est sympathique, les chances de tomber dans l’exagération sont importantes. Et c’est le cas ici : des assassinats totalement surréalistes, des facilités flagrantes qui entraînent des incohérences innombrables…Le réalisateur idéalise Shelton, en le transformant en martyr, puis en tueur impossible à arrêter. Certes le jeu de l’acteur est dans l’ensemble acceptable, mais le personnage, lui, l’est beaucoup moins. Concernant le côté du procureur, interprété par Jamie Foxx, les intrigues sont plates et les forces de l’ordre sont des victimes incapables de réagir. Les séquences sont inégales, et l’aspect dénonciateur trop appuyé pour être entendu.

Que justice soit faite est un film tout en contraste : les prises de positions sont irritantes à cause de leur nombre, tandis que les incohérences reprennent le principe du cinéma américain grand public. Mais l’ensemble est dynamique et servi par des acteurs plutôt convaincants. A chacun de se faire une opinion.

 

Que justice soit faite :  9

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