Repo men

Repo men

(Miguel Sapochnik)

 

 

            Dans un futur proche, les Etats-Unis sont en état de faillite. L’Union, grande firme, propose ses services : toutes les personnes qui ont perdu un organe (rein, cœur, foie…) peuvent s’en faire implanter un artificiel, ultra-performant, pour la modique somme d’un demi million de dollars, payables en mensualités. Mais si ces personnes ne peuvent plus payer, alors des repreneurs (repo men) vont les tuer, et récupérer les précieux organes artificiels. Remy et Jake sont deux meilleurs amis repreneurs. Ils organisent des compétitions amicales pour parier sur celui qui aura amassé le plus d’organes. Mais alors que tout va mal avec sa femme, lors d’une opération, il perd connaissance. Il se réveille alors avec un cœur artificiel, qu’il n’a pas les moyens de payer. Son meilleur ami va alors devoir le pourchasser pour lui reprendre son cœur. Flop total, ce long-métrage n’aura pas su faire parler de lui. Pourtant, il est plutôt efficace. Son scénario, très original, permet à ce film d’avoir plusieurs genres. Et cela représente une qualité comme un inconvénient. Car on peut passer du film dénonciateur à une scène de comédie suivie d’une scène de carnage total en l’espace de quinze minutes. C’est bien de varier les genres, mais il faut s’accrocher pour ne pas être perdu. Ces scènes de carnage, de surcroît, contrastent avec le message anticapitaliste du film. Aucune scène n’est censurée, le spectateur peut assister à un véritable bain de sang (voir en gros plan un égorgement suivi d’un demi litre de sang qui gicle sur le mur, et cela pendant une scène entière, c’est violent). Il aurait été préférable d’user de stratagèmes pour ne pas montrer explicitement ces scènes. En revanche, le reste est dans l’ensemble convaincant. Le changement du statut de la relation entre les deux personnages principaux est plutôt maladroit, mais le jeu des deux acteurs (Jude Law et Forest Whitaker, ce dernier excellent) remonte le niveau. La dénonciation de la dérive vers une société ou même la vie serait payante (société vers laquelle on tend) est opérée subtilement, avec un scénario original et entraînant. Le côté science fiction est lui aussi assez bien rendu, même si la relation entre les personnages est bien plus mise en avant. A ce sujet, le développement de la romance est trop bâclé, et quelque peu irréaliste. Pour terminer, la dernière pirouette scénaristique, prévisible pour celui qui aura fait attention aux détails présentés dans le film, a le mérite de nuancer la fin, en la laissant ouverte, c’est une excellente idée.

En conclusion, Repo men est un film original, avec un message intéressant, et de bonnes idées, pour la plupart bien exploitées. Certains inconvénients, comme un mélange des genres trop marqué et parfois violent à l’excès, viennent relativiser l’enthousiasme qu’on pourra lui porter, mais ce serait vraiment dommage de passer à côté de cette œuvre, étrangement devenue un échec.

 

Repo men :  14

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