Skyline

Skyline

(Colin Strause/Greg Strause)

 

 

 

S’il y a un genre qui se popularise, c’est bien celui des films d’invasion extra-terrestre. Skyline ne fait pas exception : il présente les mêmes qualités et les mêmes défauts que ses prédécesseurs : en somme, les frères Strause n’ont pas pris de risques en reprenant une formule qu’ils savaient génératrice de revenus. Mais le long-métrage mérite-t-il réellement d’être vu ? Et bien la réponse est mitigée. Car le scénario est le point faible du film. Déjà exploité à de nombreuses reprises, il est de plus très simpliste : un groupe de jeunes participe à une fête fortement alcoolisée, avant de voir débarquer des aliens, qui envahissent la ville en utilisant une lumière aveuglante, qui hypnotise tout humain en contact visuel avec elle. En plus de présenter des incohérences flagrantes (le genre de la science-fiction est certes infini mais il y a des limites), le scénario peut se résumer en une ligne, et n’est en réalité qu’un prétexte au déchaînement de scènes d’actions qui suivront. Des jeunes tout à fait ordinaires qui se transforment en héros malgré eux, c’est un peu gros. Une fois cet inconvénient dépassé, le long-métrage reste tout à fait classique, mais plaisant à regarder. Il ne révolutionne rien, aucune prise de risque n’est remarquée, mais les scènes s’enchaînent bien. Et malgré une piètre performance des acteurs, l’action est rythmée et omniprésente, entre quelques scènes de palabres inutiles, qui cherchent à produire une compassion qui ne viendra pas. L’idée des extra-terrestres est originale, bien que leurs intentions ne soit nullement développée. Ici encore, ils ne sont qu’un instrument pour des scènes dynamiques. La lumière qui hypnotise n’est pas suffisamment développée, alors qu’elle est aurait pu aboutir à une histoire sympathique. Le réel effort est clairement sur les effets spéciaux, et surtout les effets visuels. Tandis que la modélisation des différents aliens est réussie, les batailles (dont une aérienne qui est l’une des meilleurs scènes du film) sont magnifiques et bien filmées. Et même si au premier abord il semble se dessiner une propagande en faveur de l’armée américaine, le spectateur se rendra vite compte qu’elle n’est pas si élogieuse.

Skyline est donc une œuvre qui ne révolutionne aucunement le genre. Il s’agit surtout d’un énième film d’invasion, mal écrit, dont l’exploitation scénaristique a été délaissée au profit d’une action sympathique. En clair, c’est un bon divertissement, aucun doute sur ce point ; mais pour la cohérence cinématographique, il faudra repasser.

 

Skyline : 9

 

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