The american

The american

(Anton Corbijn)

 

 

            Jack (George Clooney) est un tueur à gage. En suède, il est pris pour cible, et doit tuer son amie, témoin de la fusillade. Son employeur l’exile alors dans un village perdu d’Italie, ou une dernière mission l’attend : fabriquer une arme pour une autre femme, elle aussi tueur à gage. Le synopsis pourrait laisser penser qu’il s’agit d’un film d’action comme les américains savent si bien le faire. Pourtant il n’en est rien : le réalisateur se contente de retransmettre au spectateur la vie de Jack (qui a pris pour nom de couverture Edouard) dans le village. Il fera la rencontre d’un prêtre, moralisateur mais aussi père illégitime d’un garagiste douteux. Il tombera amoureux d’une prostituée, interprétée avec justesse par Violante Placido. Corbijn opère une adaptation convaincante : le village paisible est symbolisé par une bande son presque inexistante. La plupart du temps, le héros (ou plutôt l’antihéros) est seul, marchant dans la rue ou fabriquant l’arme. Aucun morceau musical n’accompagne ces scènes, créant une atmosphère sereine mais aussi tendue. Car Jack/Edouard n’est jamais en sécurité ; ses poursuivants le retrouveront, mais on ne sait jamais à quel moment ils interviendront. C’est cela qui fait la force du long-métrage : rien n’est prévisible, et chaque action d’un George Clooney plus classe que jamais peut entraîner des conséquences terribles. Mais à force d’utiliser ce stratagème, le film crée des longueurs. L’histoire avance lentement, trop lentement. Un étrange sentiment d’ennui peut naître, et on a l’impression que le film ne sait pas réellement ou il va, à l’image de son protagoniste principal. Mais ce sentiment sera vite balayé par les 15 dernières minutes du film, incontestablement les plus réussies. Les évènements s’enchainent à une vitesse impressionnante, la situation est plus tendue que jamais, et on se surprend à retenir notre respiration lors de certains passages créant un suspense très bien amené. Le sort de chaque protagoniste ne se révèle qu’au dernier moment, imprévisible, le tout accompagné d’une bande son qui colle parfaitement.

The american surprend. Il n’est pas ce à quoi on s’attendait, mais les longueurs et les maladresses viennent gâcher en quelque sorte la surprise. Dommage, d’autant que le jeu des acteurs est globalement convaincant.

 

The american : 12

 

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