The killer inside me

The killer inside me

(Michael Winterbottom)

 

 

            Le film se déroule aux Etats-Unis, dans les années 1950. Dans une petite ville, qui s’industrialise grâce à un entrepreneur du nom de Conway, il y a un shérif : Ford. D’apparence tout à fait respectable, il se révèle en fait être un homme psychologiquement instable, capable des pires atrocités. Tirée d’une œuvre écrite, cette adaptation surprend. Le quotidien de l’antihéros est suivi : on assiste comme si on y était aux passions amoureuses de Ford avec une prostituée, puis sa future femme. On le voit régler quelques affaires pour rendre service aux habitants. Et puis on assiste parfois à un déchaînement de violence. Le tout n’est pas suffisamment rythmé, et nombre de longueurs se font ressentir, notamment dans le second tiers du long-métrage. Certaines scènes, non nécessaires, déconnectent un peu le spectateur de la trame mise en place. Mais une fois passé à travers ces moments plats et parfois ennuyeux, le film se révèle être intense. L’antihéros, interprété avec brio par un Casey Affleck exceptionnel, est un personnage qui joue sur les contrastes. Il prend le temps de lire les œuvres d’une bibliothèque bien remplie en écoutant  un opéra. Il joue du piano, il a une voix angélique d’adolescent qui n’aurait pas mué,  il est bien habillé, aimable et serviable. En d’autres termes, c’est un gentleman. Et pourtant, derrière ce voile de bonté se cache un être effroyable et violent. Il torture à mort ses compagnes, il tue de sang-froid, imagine des plans machiavéliques pour arriver à ses fins. Les scènes de torture sont à la limite de l’insoutenable, alternant entre des plans d’un Ford déchaîné (regardant ses victimes dans les yeux en leur prononçant délicatement des « je t’aime ») et des plans de victimes à l’agonie, qu’on verra étendues sur le sol, mourantes, pendant plusieurs minutes. Les moments sont forts, et jeu des contrastes est parfaitement réussi. L’ambiance de cette époque est également une réussite, avec des décors beaux et des personnages typiques (comme le shérif alcoolique). Petite déception pour Howard, procureur, interprété par Simon Baker (héros de la série The Mentalist) qui conserve le même jeu que dans sa série, nous donnant l’impression d’en regarder un épisode version longue.

Pour conclure, The Killer inside me est un film de contrastes : le personnage principal est excellent, tant par son potentiel que son interprétation. Les scènes de violences mais aussi celles dans lesquelles on assiste à la réalisation du plan infernal de Ford, sont dures, mais très réussies. Mais le film crée des longueurs, et se perd parfois en scènes dont on aurait pu se dispenser, et qui gâchent considérablement l’aventure. Notons pour finir une bande son qui frôle la perfection, et qui apporte beaucoup à des scènes déjà excellentes.

 

The killer inside me :   13

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