Twelve

Twelve

(Joel Scumacher)

 

 

            White Mike est un dealeur à New-York. Il fournit de la drogue à beaucoup de jeunes, riches et insouciants, qui payent prix d’or. Mais une nouvelle drogue fait surface : la twelve. Tandis qu’elle se popularise, White Mike refuse de la vendre. En parallèle, le long-métrage permet de découvrir la vie et le destin de nombre de ces jeunes. Si l’idée de départ peut paraître intéressante, elle est malheureusement assez mal exploitée ici. On fait connaissance avec chaque protagoniste, avant de voir leurs rencontres, leurs peurs, leurs erreurs… Chaque personnage est exploité, et le tableau dressé n’est guère valorisant. Une jeune fille débute la prise de la Twelve, et on verra sa situation se dégrader considérablement au cours du film, jusqu’à vendre son corps pour une dose supplémentaire. D’un autre côté, on a l’organisateur des soirées, jeune simulant son appartenance au groupe, mais en réalité perdu dans un monde qui n’est pas le sien. On croisera également son frère, devinant son tragique destin dès les premières apparitions du personnage. Et c’est l’un des défauts du film : il est bien trop prévisible. On connaît le dénouement à l’avance, on sait déjà que la grande fête finale ne se déroulera pas comme prévu. Tout le film repose sur des stéréotypes : les jeunes, sans exception, sont le profil type du fils riche et inconscient. Du mannequin imbu de lui-même jusqu’aux filles superficielles et surmaquillées, tout est la pour dresser un portrait typique de cette classe sociale. White Mike est jeune, beau et exemplaire, pourtant il est impliqué dans le trafic. Il se pose des questions, s’interroge, mais continue à tremper dans le business. On a la typiquement un personnage qui cherche à émouvoir, à s’attirer la sympathie du spectateur. Il est l’image de la bonne conscience que l’on trouve dans tant de films. Sa meilleure amie, elle, n’est au courant de rien, elle incarne parfaitement la fille parfaite, que tout le monde voudrait avoir comme petite amie. Cela aussi, c’est du vu et revu. Mais il n’y a pas que les personnages qui sont présentés avec stéréotypes : les parents sont de riches entrepreneurs, qui passent leur temps en voyage, à l’étranger, laissant leurs enfants livrés à eux-mêmes et sans repères. Cette vision de la société est déformée, faussée, et c’est bien dommage. Le tout est accompagné d’une voix off omniprésente, qui irrite plus qu’elle n’aide à comprendre la situation. Mais Twelve n’a pas que des défauts : il exagère, mais une part de réalité est bien présente. L’une des dernières scènes, dans l’hôpital, met en scène Molly (meilleure amie de Mike), lui posant une question, concernant le droit qu’il a sur la vie de ces personnes qui se droguent. Cette réplique correspond à l’une des problématiques que pose le film, mettant en avant la volonté du réalisateur de faire réfléchir sur le sujet.

Ce long-métrage est une bonne base de réflexion sur un sujet bel et bien réel. Mais ses exagérations constantes et sa déformation d’une partie de la réalité lui ôtent tout l’intérêt qu’on pouvait lui porter. Comme quoi, il ne suffit pas d’une bonne idée pour faire un bon film.

 

Twelve :   9

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