Unstoppable

Unstoppable

(Tony Scott)

 

 

            Quand on est devant un film tel que celui-ci, on se pose toujours la question suivante : quel est l’objectif ? Faire du bon cinéma ou chercher à réaliser un maximum de bénéfices ? Ici, on optera pour la seconde proposition. Un train transportant des produits toxiques est hors de contrôle, à pleine vitesse et sans conducteur. Deux agents de la compagnie ferroviaire, Barnes (Denzel Washington) et Colson (Chris Pine) vont alors se lancer dans une course contre la montre pour l’arrêter avant qu’il ne déraille. La première partie du film se concentre sur les moyens utilisés par la compagnie pour arrêter le train. Les deux héros, évoluant en parallèle, ne sont donc pas sollicités. Et le bilan est mitigé : les situations ont le mérite d’être réalistes, et les moyens mis en œuvre pour stopper l’engin sont dans l’ensemble convaincants. Mais le film, tout en tentant de nous transporter dans le feu de l’action, ne parvient pas à trouver son rythme. Malgré des évènements qui s’enchaînent rapidement, malgré l’absence de temps morts, un sentiment d’ennui peut vite naître. Cette première partie oscille entre moments captivants et moments qui tentent de l’être mais qui restent soit trop peu exploités, soit ratés. On ne sait pas réellement ou le réalisateur veut en venir, jusqu’au moment ou Barnes et Colson entrent en scène. Dommage d’attendre la moitié du film pour commencer à percevoir les héros. La seconde moitié, elle, tombe dans le travers habituel des films du genre. On perd le réalisme (élément primordial pour avoir un bon résultat) au profit de l’action survoltée typique des superproductions américaines. La caméra bouge à la vitesse du train, afin de nous immerger au cœur de l’action, mais les plans sont pour la plupart mauvais : Scott veut la surenchère, il obtient des plans désastreux. Et même si le spectateur n’a pas une seule seconde de répit, au fond, l’ensemble est vide : on assiste à nombre de péripéties pour arrêter le train, mais cela ne suffit pas pour faire un film riche. Les deux personnages se prennent pour des héros, et risquent leur vie pour sauver celle des autres. Ils sautent de wagon en wagon avec une facilité déconcertante (James Bond a trouvé ses remplaçants…), ils tentent l’impossible pour ne pas atteindre le point de non-retour. Et pour avoir une illusion de construction scénaristique, ils s’échangent quelques aspects de leur existence, entre deux scènes d’action. Tout l’intérêt porté au long-métrage s’effondre en quelques minutes : on bascule dans une production qui cherche à en mettre plein les yeux, au détriment de sa qualité. L’issue est prévisible dès les premières scènes, si bien que le pseudo-héroïsme des deux personnages est davantage navrant qu’impressionnant. Et pour finir sur la notion de surenchère, on pourra apercevoir dans l’ensemble du long-métrage des centaines de caméras, des dizaines d’hélicoptères, une foule paniquée ; on croirait assister à la fin du monde en direct. Trop d’action tue l’action, mais cela Mr Scott semble ne pas l’avoir compris. On ne parlera pas des dix dernières minutes, la aussi dans une surenchère totalement mal placée quand on sait qu’un homme est mort.

Unstoppable a tout de la superproduction américaine : des personnages auxquels on ne s’attache pas, des scènes d’action omniprésentes, du pseudo-humanisme dont on se serait bien passé. En bref, à part réaliser le plus d’argent possible, on ne distingue pas vraiment le but du film. Pour les amoureux du vrai bon cinéma, passez votre chemin.

 

Unstoppable :  8

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