Very bad cops

Very bad cops


(Adam McKay)

 

 

            D’habitude avec les superproductions américaines, on est déçu, la plupart des éléments, du scénario à la réalisation, sont médiocres. Ce film se présentait comme un de cette catégorie : un scénario prétexte à une succession de scènes d’actions mauvaises alliées à des éléments comiques désastreux. Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et ce long-métrage en est le parfait exemple. Commençons par ce scénario : deux flics se distinguent à New-York : ils sont intouchables, réussissent toujours quelque soient les dégâts occasionnés, et ont tous les citoyens derrière eux. Mais un jour, par pure folie, ils sautent d’un immeuble de 20 étages, et s’écrasent sur le bitume. Deux autres inspecteurs, cibles des moqueries, vont alors tenter de prendre leur place, en enquêtant sur ce qui se présente comme la plus grosse affaire que la ville ait connue. Avouons le tout de suite, l’histoire est bancale, terriblement classique et prétexte à amener le comique. Mais la force du film, c’est qu’il ne tombe pas dans le travers habituel qui consiste à juxtaposer d’un côté un scénario, et d’un autre des scènes de gags, rendant le tout totalement contradictoire et irréaliste. Ce film, au contraire, se sert de chaque outil pour alimenter le comique. La réalisation stéréotypée notamment pour la première scène, la bande son, l’histoire, tout est la uniquement pour servir la comédie. Même les pseudos moments émouvants ont pour but de rendre la scène drôle. Ce qui démarque Very bad cops des autres films du genre, c’est sa capacité à ne pas se prendre au sérieux, à créer des situations totalement incohérentes mais en les assumant, et en les utilisant correctement, ce qui a pour effet de transformer les défauts du film en qualités. Le scénario est médiocre, c’est voulu ; les stéréotypes sont plus que jamais présents, c’est voulu. Des gags, il en tombe à chaque minute, mais encore une fois, la surenchère est voulue et assumée. Les gags sont de surcroît très bons, ou même s’ils ne le sont pas, ils sont amenés d’une manière qui les rend drôles. Le jeu des acteurs vient compléter un film réussi, surtout les deux principaux (Mark Wahlberg et Will Ferrell), qui tiennent bien leur rôle.

En bref, Very bad cops réussit la ou les autres foncent dans le mur : certes nombre de défauts sont présents, mais le spectateur sourit, voire rit. Et au fond, c’est bien la l’objectif premier du film. Pari réussi.

 

Very bad cops : 15

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