Largo Winch 2

Largo Winch 2

(Jerôme Salle)

 

 

            Lors de sa sortie, le premier Largo Winch avait fait parler de lui. Film européen très inspiré des productions hollywoodiennes, il mettait en scène Largo, un jeune homme charismatique qui hérite de l’empire multinational de son père, et qui se retrouve embarqué dans des aventures un peu trop surréalistes pour être vraies. Qu’en est-il alors de cette suite ? Et bien nous retrouvons toujours le même personnage, qui souhaite vendre toute sa firme pour financer des institutions humanitaires. Mais au moment de la signature, une procureur (Sharon Stone) arrive et condamne Largo de crime contre l’humanité. Voyant une machination pour empêcher son projet, ce-dernier va tout faire pour trouver la vérité. Le scénario présente ainsi une situation assez complexe, qui, avec ses multiples rebondissements, pourra perdre le spectateur peu attentif. Et s’il a le mérite d’être captivant du début à la fin, le film se perd dans des machinations un peu grosses, qui trahissent le réalisme. On sait que les firmes font des coups en douce, mais à ce point, ça relève de l’exagération pure et simple. Et c’est, comme pour le premier volet, le principal défaut du film. Il cherche toujours à en faire trop, en abolissant les frontières avec le cinéma américain. Car le PDG d’une grande entreprise qui se trouve embarqué dans des courses poursuites (voir la scène d’introduction, qui rappelle celle de Quantum of solace), c’est une fois de plus trop gros pour être vrai. Ainsi les incohérences s’enchaînent, et le complot est tellement appuyé qu’il en devient trop imparfait pour être suivi avec intérêt. Le point scénaristique dépassé, on retrouve tout ce qui a fait le succès du premier volet : un héros charismatique, interprété avec justesse par un Tomer Sisley inspiré, dont on sent qu’il se lâche, en s’appropriant définitivement le personnage. En outre, son émissaire, archétype du français amateur de vin, croyant et très professionnel dans sa démarche, est sans doute le personnage le plus abouti du film. Car au milieu de toutes les scènes d’action, il intervient toujours pour donner le ton comique, de par sa nature tout en contraste avec la situation qu’il affronte. La « french touch » est donc bien présente, et ce pour le plus grand bonheur du spectateur. Concernant cette action, elle est bien mise en scène, avec des plans convaincants et des effets spéciaux maîtrisés. On pourra regretter des scènes inégales, certaines étant survoltées tandis que d’autres sont plutôt plates et sans grand intérêt. Enfin, Sharon Stone était attendue, mais on ne trouve ici qu’un personnage sans âme, rigide et de plus stéréotypé.

            Bilan mitigé pour cette suite. Elle commet en effet les mêmes erreurs que son aînée, et souffre toujours de son scénario trop exagéré. Mais on sent que la machine est en route, et que le réalisateur, comme les acteurs, ont vraiment trouvé leur voie. Au final, on se retrouve avec une production faible d’un point de vue cinématographique, mais très entraînante en tant que divertissement.

 

Largo Winch 2 :  12

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