Le discours d'un roi

Le discours d’un roi

(Tom Hooper)

 

 

            7 nominations aux golden globes, 12 nominations aux oscars, et une critique unanime. Voila qui amplifiait le désir de voir ce long-métrage, racontant l’originale histoire du roi d’Angleterre Georges VI, père de l’actuelle reine Elizabeth II. Lorsque son père meurt, le futur roi est apaisé : son frère doit monter sur le trône. Mais celui-ci décide de s’unir avec une femme deux fois mariée, ce qui ne correspond pas aux valeurs de la famille royale. C’est donc Georges VI qui va devoir prendre sa place. Seulement ce-dernier a un problème de begaiement, et est incapable de tenir un discours devant son peuple. Le film narre ainsi le combat du roi pour se guérir, grâce à un médecin aux méthodes « peu orthodoxes », et l’amitié qui se lie entre les deux hommes de conditions sociales pourtant différentes. Le scénario, reprenant l’histoire vraie, est bien construit, et propose une histoire à la fois émouvante et solennelle. Tout au long du film, on sent que les frontières sociales cèdent entre les deux hommes. Une relation unique se met en place, alimentée par diverses péripéties qui parfois éloignent les deux personnages, et parfois les rapprochent un peu plus. Le roi se confie, le médecin apprend. Notons que Colin Firth et son acolyte sont d’une justesse frôlant la perfection dans leur jeu, ajoutant encore un peu plus à cette atmosphère si unique. Mais la réalité historique, pourtant essentielle, n’est pas toujours respectée. En effet, si le frère n’a pas pu devenir roi, c’est avant tout parce qu’il entretenait des relations très chaleureuses avec Hitler, à la veille de la seconde guerre mondiale. Ici, le problème est expédié en quelques phrases, et se retrouve ainsi éclipsé. On peut comprendre la volonté du réalisateur, mais cette sélectivité des évènements montre une certaine manipulation historique parfois mal venue. Concernant la mise en scène, elle est excellente : les plans larges sur les somptueux décors contrastent avec les plans serrés sur les expressions faciales des personnages. Le tout est accompagné d’une bande-son parfois irritante, mais très ancrée dans l’esprit « british » du film. Car la production se veut de ce bord : ainsi des éléments comiques propres au cinéma anglais interviennent et procurent au film une réelle identité anglaise. Cependant, rien n’est parfait, et l’exagération est ici de mise. Qu’il s’agisse des sentiments des personnages, de l’ambiance ou des répliques, tout semble vouloir appuyer le fait que cette histoire est exceptionnelle en soi. Malheureusement, le film en fait parfois trop, et en cherchant à atteindre l’excellence, s’en éloigne un peu plus.

Le discours d’un roi est donc une œuvre sur laquelle on s’interroge. Il ne faut pas se méprendre, il s’agit d’un bon film, aux bases solides et devant lequel le spectateur peut découvrir une histoire humaine incroyable. Mais mérite-t-il pour autant ses 12 nominations aux oscars, et ses multiples prix ? Le débat reste ouvert.

 

Le discours d’un roi : 14

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