Le rite

Le rite

(Mikaël Hafstrom)

 

 

 

            Michael Kovak (Colin O’Donoughue) est un jeune étudiant dont la famille a toujours été dans la religion. Pour suivre les traces de ses ancêtres, il décide de suivre des études pour devenir prêtre. Mais le problème est qu’il est un sceptique : il ne croit pas à Dieu et tous ses mystères. Pour lui, tout a une explication logique. Il rencontrera lors d’un voyage qui lui fait découvrir l’exorcisme un homme douteux : le père Trevant (Anthony Hopkins). Il assistera alors à une discipline bien mystérieuse, et sera témoin d’évènements pouvant tenir de l’intervention du Diable. Inspiré d’une histoire vraie, cette oeuvre avait fait nombre de promesses lors de sa présentation. Et bien elle confirme l’adage : ne jamais trop espérer. Car il est vrai que le sigle est devenu un vrai produit marketing : en basant le scénario sur une histoire vraie, les ventes sont automatiquement décuplées, du fait que les spectateurs se sentent plus proches des héros. Cependant, ça ne dispense pas d’écrire un scénario solide avant de sortir les caméras. Or, ici, l’étape semble avoir été brûlée. En fait, on dira plutôt incinérée, car à ce niveau la, il ne reste plus grand-chose à sauver. Concrètement, le film se découpe en trois phases. La première, trop longue, fait office d’introduction. On découvre le personnage, son background, et l’histoire se met petit-à-petit en place. Outre la découverte d’un Colin O’Donoughue complètement à côté de son rôle (pourtant d’un point de vue psychologique très intéressant à jouer), on assistera à une phase bien trop plate, qui crée nombre de longueurs dont on se serait bien passé. Puis vient la seconde partie, de loin la plus réussie. Les deux héros, et parfois la journaliste (Alice Braga, dont on se demande si elle ne s’est pas trompée de plateau), entrent dans le vif du sujet, et le drame psychologique se met en place. Des interventions inexplicables sont visibles, le héros commence à perdre la tête, et le spectateur se retrouve manipulé, sans savoir ou est la vérité. Le réalisateur joue ici clairement avec l’esprit du spectateur, avec une mise en scène angoissante et réussie. Puis, pour finir, arrive la troisième phase, sorte de bataille finale, contre le père qui se retrouve lui-même possédé. Etant donné le travail accompli en deuxième partie, on s’attend à un relativisme, à une interprétation réaliste. Et bien on tombe de haut. Certes Hopkins semble plutôt à l’aise dans ces scènes, mais le tout est d’un ridicule tellement fort que toute l’ambiance installée s’effondre. On tente de nous faire avaler que le démon existe bel et bien, et qu’il suffit d’une prière pour l’anéantir. Et hop, les héros reprennent leur vie comme si de rien n’était. La force du film était de ne jamais prendre parti, de laisser le spectateur interpréter. Cette belle idée s’envole, et ampute la production de son atout majeur.

            Que de promesses non tenues ! On s’attendait à un thriller à la limite du soutenable, impliquant le Vatican, et donc du mystère. Et on se retrouve au final avec un film au scénario inégal, et un casting pitoyable. Il ne faut pas chercher plus loin, on a ici la définition du mot « déception ».

 

Le rite : 7

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