Sans identité

Sans identité

(Jaume Collet-Serra)

 

 

            Martin Harris est chercheur scientifique. Il se rend avec sa femme à Berlin pour assister à une conférence qui pourrait révolutionner le monde. Arrivé à l’hôtel, il se rend compte qu’il a oublié une valise à l’aéroport. Il prend ainsi un taxi, et sur la route est victime d’un accident. A son réveil, on lui dit que le professeur Harris est un autre homme, et même sa femme ne le reconnaît plus. Sentant alors une affaire plus sombre qu’il n’y paraît, il se lance dans une investigation pour retrouver son identité, et démêler la vérité. Voici un beau synopsis pour un film qui s’annonçait explosif. Présenté comme un hybride de Taken et de Jason Bourne, on devinait d’après les extraits présentés quelques similitudes avec The game. En clair, la barre était placée très haut. Qu’en est-il finalement ? Premièrement, on pourra reprocher à cette production des scènes inégales, tant dans le rythme que dans la qualité. Certaines scènes d’action, montrant le héros aux prises avec un mystérieux assaillant, sont relativement bien mises en scène. Cependant, elles semblent être placées dans le seul but d’impressionner le spectateur, de le tenir en haleine, et n’ont pas d’âme véritable. Il s’agit de scènes tellement vues déjà, qu’une recherche d’originalité aurait été bienvenue. Le reste du long-métrage se concentre sur la recherche de l’identité ; malgré quelques maladresses et situations surréalistes, le film s’en tire bien. On s’interroge, on peine à découvrir la vérité, et on ne sait jamais à quoi s’attendre. C’est incontestablement la force de l’œuvre : le spectateur est mené de bout en bout dans une intrigue qui le dépasse. Malgré cela, et peut-être est-ce dû à la performance moyenne des acteurs (Liam Neeson, le même que dans Taken), le tout manque de saveur. On a du mal à adhérer à cet univers un poil trop dans la conspiration pour être pris au sérieux. Dernier point, le plus gênant : le scénario dans sa globalité. Si on peut sentir tout au long du film la touche Jason Bourne (perte de mémoire, poursuite par de mystérieux assaillants, conspiration…), la fin et la résolution sont le copié-collé total de la saga. Imiter de A à Z, c’est tout de même osé, surtout quand c’est, sur tous les points, moins bon.

            On a ici un ersatz de Bourne. Parfois animé de bonnes intentions, le film se révèle être une pâle copie, avec moins de saveur, moins de prise de risque. C’est dommage, surtout qu’il y avait matière. La bonne nouvelle, c’est que le titre colle parfaitement à l’œuvre : elle est « sans identité ».

 

Sans identité : 10

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