Sucker punch



Sucker punch

(Zack Snyder)

 

 

            Zack Snyder. Voila un nom qui aura provoqué nombre de débats, dans le milieu cinématographique. Certains voient en lui un nouveau maître, d’autres indiquent qu’il ne fait que s’auto-pomper à chaque film. Et bien concernant Sucker punch, on ne pourra qu’adhérer à la seconde proposition. Le film narre l’histoire de babydoll, une jeune femme qui est internée de force dans un asile d’aliénés, et qui, pour en sortir, se réfugie dans des rêves qui la transforment en super-héroïne de jeux vidéos. Inutile de préciser que ce scénario est vide comme le néant : on sent l’inspiration de Inception, avec des rêves imbriqués dans d’autres rêves, pour aboutir à une conclusion simpliste, bien qu’elle diffère des codes du genre. L’héroïne s’aide de quatre coéquipières pour mener son plan à bien, et chaque étape de celui-ci la voit plonger dans un monde imaginaire, très largement inspiré de jeux vidéos : elle se battra contre des allemands zombifiés (référence à Call of duty), contre des dragons dans un monde inspiré du Seigneur des anneaux, et contre des robots futuristes dans des combats à la tekken. Bref, on passe la majorité du film à voir des filles en minijupes se battre dans des environnements virtuels, qui utilisent les effets visuels à outrance, jusqu’à la saturation complète. Le problème, c’est que les effets ne sont pas d’une qualité excellente, et à vouloir trop pomper son Watchmen, le réalisateur se perd dans une image trop exagérée pour être appréciée. Si encore il n’y avait que ça, on pourrait comprendre. Mais il faudra ajouter à ces scènes surfaites des ralentis foireux, et une bande-son composée de multiples remixes qui agacent au plus haut point tant, une fois de plus, ils sont utilisés. En clair, le réalisateur mise tout sur la forme, sans parvenir à créer cette ambiance qu’il voudrait installer. Car on sent qu’il y a de l’idée, mais l’exploitation est trop bancale : Snyder ne maîtrise pas sa création. A vouloir trop ajouter, on finit dans la surenchère ridicule. Cependant, si ces scènes sont majoritaires, elles ne constituent pas toute l’œuvre. D’autres, plus sages, dont on ne dévoilera rien pour ne pas spoiler, mettent en scène les héroïnes organisant leur évasion. Même constat que précédemment, les dialogues sont d’une naïveté impressionnante, et ne parviennent pas à convaincre le spectateur. On tombe dans le cliché pur, et bien que le tout soit plutôt original, la volonté de Snyder de rester sur ses acquis sans chercher à évoluer est une erreur qui ne pardonne pas.

            Ce film était attendu par nombre de fans, et nul doute qu’ils l’apprécieront. Car après une scène introductive excellente, le film réemploie les ingrédients qui ont fait le succès du réalisateur. Le problème, c’est que les inconditionnels de Snyder écartés, il ne restera pas beaucoup de monde pour apprécier cette œuvre, qui en misant tout sur l’aspect formel, ne parvient pas à se construire une identité propre. Dans le même registre, Tron l’héritage s’en était beaucoup mieux sorti.

 

Sucker punch : 8

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