The green hornet

The green hornet

(Michel Gondry)

 

 

            Adaptation d’une série télévisée des années 1960, The green hornet présente un homme, Brit Reid, fils d’un directeur de journal influent. Il est agaçant, irresponsable et terriblement empoté. Mais lorsque son père meurt subitement, il hérite de son empire médiatique, et rencontre Kato, son acolyte, avec qui il se décidera à combattre le crime. Si le synopsis peut laisser entrevoir un film de super-héros comme les autres, il n’en est rien. Car originalité est le maître mot de cette production, qui va de surprise en surprise. D’un côté Brit est le « frelon vert », un héros masqué redouté des malfrats et de la police ; mais dans sa vie privée, il est incapable de prendre les bonnes décisions et se comporte comme un enfant. Tout le comique est ici exposé : l’opposition constante entre les deux facettes du personnage, et la différence entre le super-héros et son acolyte inventeur de génie et expert en arts martiaux. Du coup, le film prend une toute autre dimension : on cesse de le voir avec sérieux et on se laisse emporter dans un tourbillon de situations comiques, chacune étant plus subtile ou relevée que la précédente. La réalisation elle-aussi est au service de cette intention, mettant le spectateur dans une atmosphère à la fois détendue et dangereuse. Le film ne se contente pas en effet du comique : il conserve des phases d’action hollywoodiennes, totalement exagérées et surréalistes (certains plans en ralenti imitant les cascades improbables de Matrix). Mais ces phases parviennent habilement à transformer les défauts en qualité : la surenchère est justifiée par la volonté de faire du premier degré, et devient donc parfaitement acceptée. Et le spectateur, ayant compris cela, peut profiter d’une action maitrisée, et des effets spéciaux acceptables, malgré une 3D relativement discrète. La relation entre les deux héros mérite également d’être soulignée : si l’écriture reste basique, le jeu des acteurs apporte cette touche indescriptible, parfois émouvante, mais toujours aussi drôle. Mention à Jay Chou, qui a un jeu inspiré. Malheureusement, le long-métrage n’est pas exempt de défauts : les scènes sont très inégales, et alors que certaines sont explosives, d’autres restent creuses et parfois inutiles. On aurait également aimé un scénario moins classique (car lui reprend les bases du genre). Il est certes prétexte au reste, mais il reste en surface et laisse un sentiment de n’être pas fini.

The green hornet est très original, et nous dévoile une atmosphère presque indescriptible, et rarement vue. S’il s’agit incontestablement de son point fort, le scénario bâclé et les scènes inégales lui retirent l’excellence. Cependant, il serait regrettable de faire l’impasse sur l’œuvre, qui reste un morceau de qualité.

 

The green hornet : 14

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