Tron l'héritage

Tron L’héritage

(Joseph Kosinski)

 

 

            Réaliser un remake du film désormais culte sorti il y a plus de vingt ans était audacieux. Et bien Kosinski a relevé le défi, et nous livre ici l’un des films les plus attendus de cette année 2011. Commençons par l’histoire : Sam a 27 ans. Son père, fondateur d’une entreprise d’informatique et de jeux vidéos, est porté disparu alors que Sam n’a que sept ans. Mais, un soir, ce-dernier reçoit un message de son père, lui disant de se rendre dans son ancien bureau. C’est alors que Sam se retrouve aspiré dans un monde appelé la Grille, un univers digital dans lequel se développent des programmes bio-numériques. Le scénario reprend en grande partie celui de l’épisode original, faisant une alternance réel-virtuel très réussie. Plusieurs éléments d’une originalité incroyable interviennent, comme les combats de disques. En somme, c’est le film tout entier qui dispose de cette originalité, créant un monde à la fois beau et dangereux. Mais le scénario a ses lacunes, et on sent que la durée du film ne suffit pas à tout exprimer. Ainsi, certains points se révèlent être obscurs ou sous-exploités, alors qu’il aurait été préférable de les développer davantage pour rendre l’histoire vraiment compréhensible. En outre, les dialogues sont parfois naïfs, et servent plus à boucher les trous qu’à faire avancer l’histoire. Notons également que malgré un Jeff Bridges plus imposant que jamais, les autres acteurs sont plutôt décevants, et semblent autant perdus dans leur jeu que nous dans le monde virtuel. En bref, le fond est sur bien des points perfectible. Mais ce que les fans attendaient, c’était le reste, à savoir le visuel, et dans une moindre mesure le sonore. Et bien ils ne seront pas déçus : la 3D est réellement exprimée ici, et les effets visuels, omniprésents, sont littéralement à couper le souffle. Le spectateur en prend plein la vue, et se trouve submergé dans cet univers froid, sombre, mais terriblement poétique, au milieu de scènes parfois inégales dans le rythme mais toujours maîtrisées artistiquement. Cet aspect visuel constitue incontestablement l’atout majeur de la production, de même que la bande-son des Daft Punk, incroyablement réussie et entraînante. Chaque morceau correspond exactement à la scène proposée, et constitue une réussite à lui-seul.

Tron L’héritage est original, malgré un scénario parfois sous-exploité, et les acteurs décevants. Mais si le fond est passable, la véritable force du film est dans la forme. Avec une combinaison visuel-sonore qui frôle la perfection, l’action prend une toute autre dimension. A dire vrai, rarement on aura vu une si parfaite maîtrise dans la forme, cela remontant considérablement le niveau de la production, qui, sans nul doute, réalisera plus de succès que son aînée.

 

Tron L’héritage : 14

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